Article paru dans Sud Ouest le 7 juillet 2018 et reproduit avec autorisation

saintes : LE PÔLE INNOVATION EN RECHERCHE DE PROJETS

Ils sont là autour de la table. Les dirigeants de la toute nouvelle association du Pôle innovation de Saintes. Une structure financée par la Communauté d’agglomération et la Ville (lire ci-contre), mise entre les mains des dirigeants de poids lourds de l’économie locale : Leclerc, Océalia, Cefam-Atlas, Crédit agricole. SNCF Développement est membre du conseil d’administration. Avec pour ambition, à terme, de créer un incubateur, une pépinière, un centre d’affaires et un FabLab.

« Les collectivités ont impulsé et eu le courage de confier la gestion et le développement à des entrepreneurs locaux, salue Franklin Langdorf, PDG de Cefam-Atlas et président de l’association Pôle innovation. Nous allons apporter nos compétences, nos réseaux et idées. Chacun dans son milieu. » L’installation physique du Pôle innovation se fera en fin d’année avec la livraison d’espaces aménagés par le Crédit agricole dans son ancien siège régional. Mais l’association est déjà prête à recevoir des porteurs de projet.

UN ANCRAGE LOCAL

« Nous allons voir comment ils fonctionnent, développe Franklin Langdorf. Si ce sont des gens sérieux. Ensuite se posera la question du financement. » Et de rappeler les fonds mis en place par le Crédit agricole et SNCF Développement (1), des entreprises soucieuses de ne pas donner l’impression d’abandonner l’économie locale. Pour autant, la palette d’aides n’est pas restrictive. L’association pourra « mettre en place des dispositifs d’aides financières à destination de ses locataires », précise les statuts.

De droite à gauche : F. Langdorf, C. Viollet, E. Wyt du Crédit agricole, J.-C. Classique, P. Taillandier, P. Gillard (Agglomération), Diane Le Bouvier, directrice de l’école des nouvelles compétences (SNCF Développement), C.-M. Huni, F. Badina (SNCF Développement). ©T. S.

« Je rencontre régulièrement des trentenaires qui, après une expérience à Paris ou l’étranger, veulent revenir à Saintes », indique Pierre Taillandier, 36 ans, PDG de la société Sadis, qui possède le centre commercial Lerclerc des Coteaux. « On ne leur propose pas d’emploi à leur niveau. Alors la solution c’est de créer sa propre entreprise. » Leclerc ou Océalia mettent en avant leur « ancrage local » ainsi que la volonté de coller aux réalités numériques. « Nous faisons face à un virage important dans l’agriculture, rappelle le secrétaire général d’Océalia Christian-Manuel Huni. Nous travaillons avec des start-up, faisant appel à des drones pour l’agriculture de précision, à la digitalisation. »

PAS D’URGENCE À ACCUEILLIR

Les partenaires sont nombreux, à l’instar du lycée Bernard-Palissy, dont la filière technique et l’imprimante 3D pourront servir de ressource. Côté locaux, il est prévu d’ouvrir 600 m² cette année, avec une montée en puissance à 1 600 m² en 2020. L’objet social de l’association mentionne la domiciliation d’entreprises, notamment dans « le tourisme, les transports et les écotechnologies ». « Il n’y a pas d’urgence à accueillir, prévient la vice-présidente de l’Agglo Céline Viollet, également vice-présidente de l’association Pôle innovation. Le premier projet sera le marqueur. »

Pôle innovation, cité entrepreneuriale de Saintes. Contact : pole.innovation.saintes@gmail.com

(1) Pour le Crédit agricole, 1 million d’euros, abondé pour moitié par des entreprises locales. Il s’agit de prêts d’honneur et de fonds d’amorçage. Pour SNCF : 1,5 million d’euros dont 1 million de prêts et 500 000 euros de subvention.


l’association et ses trois COLLÈGES

L’association Pôle innovation de Saintes est financée en 2018 à hauteur de 250 000 euros par la Communauté d’agglomération de Saintes (CdA). Une somme provenant de la taxe Cotisation financière des entreprises (CFE). La Ville participe à hauteur de 20 000 euros. Pour les années à venir, « cela peut aller jusqu’à 400 000 euros », précise le président de la CdA Jean-Claude Classique, qui évoque « la sanctuarisation de ce fonds » sans préciser exactement le nombre d’années. L’association se compose de trois collèges. Le premier intègre les membres associés, dont le nombre de représentants au conseil d’administration est proportionnel aux fonds injectés (à partir de 5 000 euros). Le deuxième collège intègre les industriels et entreprises, le dernier les partenaires et personnes qualifiées. L’exécutif est composé de : Franklin Langdorf (président), Céline Viollet, (vice-présidente) Pierre Taillandier du Leclerc (trésorier), Éric Wyt du Crédit agricole (trésorier adjoint), Christian-Manuel Huni (secrétaire).


Propos recueillis par Thibault Seurin

Retrouvez l’article en ligne : https://www.sudouest.fr/2018/07/07/le-pole-innovation-en-recherche-de-projets-5213071-1531.phphttp://www.lest-eclair.fr/76487/article/2018-07-18/300-emplois-programmes-romilly-pour-sncf-developpement