Croq’Papier, acteur local de l’économie circulaire, garantit la collecte et la traçabilité des déchets papier et carton des PME et TPE en Charente-Maritime. SNCF Développement apporte son soutien au développement de cette entreprise engagée pour le développement durable.
Entretien avec Pascal Monget, directeur d’Actiade à Fontcouverte (17).

Comment et pourquoi s’est créée la marque Croq’Papier, chargée du recyclage au sein de votre entreprise Actiade ?

A l’origine Actiade est une imprimerie numérique depuis 1995. Le secteur de l’imprimerie ayant régulièrement perdu des parts de marché depuis la fin du 20ème siècle, j’ai dû trouver une activité complémentaire. De là est née l’idée de Croq’Papier. Il a fallu apprendre ce nouveau métier du recyclage pour commencer à fonctionner réellement en 2017.

Globalement, quel regard portez-vous sur le recyclage du papier en France ?

A notre arrivée sur le marché du recyclage, nous constations l’existence de grands acteurs – Veolia, Suez Environnement – avec des moyens adaptés aux grands comptes, et à l’autre bout de la chaîne, les collectivités publiques qui s’occupent en priorité des particuliers.

Nous avons alors identifié un espace avec les entreprises moyennes. Nous leur proposons la collecte, une garantie de confidentialité avec un broyage en local, la fourniture d’un certificat et une traçabilité jusqu’à notre usine partenaire qui fabrique du papier recyclé à Château-Thierry dans l’Aisne. Une implantation qui a son importance lorsque l’on sait que 60 % des papiers et cartons collectés en France vont se faire retraiter en Asie.

Aujourd’hui, les entreprises ont-elles des contraintes légales en termes de recyclage de papier ?

Oui, la réglementation des « 5 flux » oblige les entreprises à séparer cinq types de déchets : le bois, le métal, le plastique, le carton et le verre. De plus en plus, les contraintes environnementales « pèsent » sur les entreprises.

Quelles sont les pistes pour mieux convertir les entreprises qui ne participent pas encore au tri des déchets ?

Dans notre secteur en Charente-Maritime, le marché était prêt. Nous avons été encouragés, aidés et très bien accueillis par de nombreuses entreprises et commerces pour mettre en place ce type de service. Notamment parce que nous nous inscrivons dans le local et nous garantissons la traçabilité du déchet jusqu’à l’usine en France.

Nous poursuivons une croissance rapide, tout cela dans un cercle d’une trentaine de kilomètres de diamètre mais avec une forte densité de clients qui sont à moins de dix kilomètres de notre atelier.

Dans le cadre de la mission de revitalisation territoriale de Saintes, le groupe SNCF et SNCF Développement se sont engagés à soutenir financièrement le développement des entreprises locales, dont Croq’Papier. De quelle manière ce partenariat a pu accélérer le développement de votre activité ou vos recrutements ?

L’aide de SNCF Développement était importante à deux niveaux : d’abord sur l’aspect financier, et deuxièmement, sur l’aspect suivi que nous avons apprécié d’autant plus puisque cette aide a été reconduite sur les nouveaux postes. C’était aussi la rencontre de personnes qui pensaient que notre action allait dans le bon sens et qui croyaient en notre projet, cela donne de l’énergie.

Aujourd’hui, Croq’Papier c’est cinq emplois créés et pérennisés en très peu de temps, entre fin 2018 et aujourd’hui, dont les fondations ont été fournies par SNCF Développement.

Quels sont à vos yeux les perspectives et les défis à venir ?

Nous recherchons de nouveaux industriels pour reprendre la matière que nous collectons, préparons et conditionnons pour les réinjecter dans le circuit. Nous sommes prêts à élargir la gamme des matériaux que nous pourrions collecter.

Pour conclure, aujourd’hui, l’écologie va de pair avec l’économie. A mon sens, la seule solution durable c’est d’apprendre à construire et déconstruire ce que l’on fabrique et à le réutiliser. Le mot recyclage reprendrait alors tout son sens. Il faut qu’à la conception des produits, nous pensions déjà à sa fin de vie et à comment les redéfaire et les réintégrer dans la chaîne pour pouvoir les réutiliser, et pour certains, indéfiniment.

Croq’Papier – les chiffres clés :

  • 700 tonnes de matière traitée en 2020 (contre 300 tonnes en 2018)
  • 1 000 tonnes : objectif de volume par an à traiter d’ici 2022
  • + de 100 clients
  • + de 100 associations partenaires (La Croix Rouge, Restos du Cœur…)
  • 5 emplois, dont 4 soutenus par SNCF Développement