Jean Moreau, co-fondateur, nous explique comment il réduit le gaspillage alimentaire des entreprises.

Après avoir terminé mes études à l’ESSEC et à Sciences-Po, je me suis naturellement dirigé vers la banque d’affaires, et plus spécifiquement vers le métier d’analyste en fusions – acquisitions. Si travailler en banque d’affaires apporte son lot de privilèges (formation, prestige, diversité des missions, conditions de travail, rencontres, rémunération, …), les inconvénients sont non-négligeables : les nuits blanches et week-end passés à travailler, les dîners en tête-à-tête avec mon clavier, les coups de fils à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, la dictature de clients exigeants… Quand bien même je n’étais pas fondamentalement malheureux, le plus gênant à mes yeux était le manque de sens de mon métier.

Ma démarche a donc été celle d’une quête de sens : comment mettre les compétences acquises au sein de cette exigeante structure au service d’un projet plus utile, d’une cause plus ‘noble’ ?

J’ai donc commencé à parcourir les profils LinkedIn de mes contacts, essayé de trouver des profils inspirants et des jobs plus épanouissants. Puis j’ai tâché d’avancer vers une conception du travail plus libératrice qu’aliénante, tenté de me construire un parcours moins balisé et plus original, en y injectant dans la mesure du possible une dose d’intérêt général.

Ainsi est née PHENIX, une entreprise sociale que j’ai co-fondée avec mon ami Baptiste Corval, et qui se fixe comme mission d’aider les entreprises à réduire le gaspillage. Concrètement, nous mettons en place des actions comme le don aux associations des invendus des magasins. Un projet à la fois social et environnemental, qui correspondait à mes aspirations.

Lorsque nous avons lancé PHENIX, le plus grand défi a été d’apprivoiser deux mondes que je ne connaissais absolument pas : celui des associations caritatives d’une part, et celui géants de la Grande Distribution d’autre part. Ses process, ses cycles de vente, ses circuits de prise de décisions… Tant de notions que nous avons donc apprises sur le tas.

En tant que jeune startup, il est difficile de faire bouger un secteur aussi bien installé et concurrentiel que la Grande Distribution (une dizaine d’enseignes, 650 000 emplois en France…), et qui peut avoir tendance à être averse au risque pour de nombreuses raisons, notamment le fort encadrement juridique et sanitaire. Nous avons donc dû nous adapter à ces spécificités, en proposant par exemple un modèle « au succès » de notre solution, c’est-à-dire que nous nous engageons à prendre une commission sur les gains des magasins qui nous font confiance. Ainsi, nous leur garantissons que si notre solution ne fonctionne pas, ils n’auront rien à payer. Un modèle économique audacieux et un pari risqué qui a depuis fait ses preuves, puisque nous travaillons aujourd’hui avec plus de 500 magasins en France.

Nous traversons depuis quelques mois la phase de « Changement d’échelle » de PHENIX, notre quotidien est donc actuellement fait de structuration, de mise en place d’outils de gestion, de définition d’une grille de salaires, de fiches de postes précises, de nomination d’une strate de management intermédiaire : bref, toutes les réjouissances d’une TPE/PME qui grossit et se structure !

La plus grande source de fierté, au quotidien, c’est bien sûr l’impact social et environnemental dont PHENIX peut se targuer. C’est clairement la principale chose qui me fait lever le matin.

On a la fierté d’avoir créé 70 emplois, et de contribuer à la redistribution de plus de 40 000 repas par jour à des personnes qui en ont besoin, ce qui équivaut à 25 tonnes de produits sauvés de la benne à ordures. D’un point de vue environnemental, l’impact est également non négligeable : en évitant le gaspillage, on évite l’émission de 60 000 kg de CO2 (équivalence). Pour rendre ça plus concret, ça revient à faire 6 fois le tour du monde en voiture, et ce, tous les jours !

Voilà ce qui fait qu’on va au bureau avec le sourire, et qu’on espère que ça va continuer !


 

PHENIX met en oeuvre l’engagement des supermarchés à ne pas jeter les invendus : plateforme internet anti-gaspillage alimentaire.

Pour en savoir plus sur PHENIX :

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